Vacances à tandem en France

Notre premier voyage de cyclo-camping en tandem Quetzal

Voyager à vélo dans un pays ensoleillé, voilà pour nous les meilleurs vacances et ce depuis des années : la tente et les sacs de couchage sur le porte-bagages, et nous voilà partis !
La vitesse du vélo est idéale pour découvrir un endroit : il se passe toujours quelque chose, on prend le temps d’observer le paysage, on rencontre plein de gens. Bien sûr, les vacances à vélo peuvent aussi présenter des difficultés en raison du relief. Lorsqu'il faut traverser collines et montagnes avec le poids des bagages, les 100 kilomètres prévus par jour ne semblent plus aussi évidents…
Comme la plupart des couples, nous pédalons avec une puissance différente, et ce d’autant plus que Monique s’est blessé au genou. Le problème se pose surtout dans les côtes. Un itinéraire avec trop de dénivelés positifs ou de kilomètres parcourus par jour devient vite pénible (surtout pour le moins fort des deux). Nous pensons que le tandem permet de mieux combiner les forces de chacun et sans doute de profiter encore plus de nos vacances à vélo. (Photo Philippe Lasnier)

Au printemps 2012, nous avions déjà testé notre prototype du Quetzal et effectué un court voyage en Allemagne. Le tandem que nous prenons cette fois-ci est le tout premier de la série de production qui comprend plein de petites améliorations par rapport au prototype. A cause du stress habituel avant les congés, le tandem est tout juste prêt la veille des vacances et nous n’avons donc pas beaucoup de temps pour nous préparer. Cette nuit là, nous faisons un test rapide de la roue libre fraichement montée sur la route Kerkweg à Nijeveen, puis mettons le tandem dans la voiture, direction le sud de la France.

Au programme une boucle Créon- Hauteville - Sète- Créon, en suivant les indications de la bibliothèque du cycliste européen : “Les routes du Centre de la France”, “Les routes vertes de la Méditerranée” et “Au long du Canal du Midi”.

Dans un camping près de Créon (à côté de Bordeaux), nous garons la voiture pour la durée de notre escapade en tandem. C’est là que nous commençons à faire les bagages et à les charger sur le vélo. Après une sélection minutieuse, toutes nos affaires rentrent dans une paire de sacoches Radical taille L avec des pochettes supplémentaires et un Backbone. Pour la tente et les matelas gonflables, nous avons fabriqué une housse très pratique qui s’attache sous le cadre du tandem avec du Velcro. Au total, nous avons 36 kg de bagages et le tandem pèse 34 kg. C'est avec un poids total en charge légèrement supérieur à 200 kg que nous nous lançons dans cette nouvelle aventure depuis Créon, le 10 juillet 2012.

Nous avons pratiquement 3 semaines devant nous et sommes impatients d'en profiter !(Photo Fred Koops)

Les premiers jours, le relief est assez plat et nous progressons facilement. Nous devons nous habituer à la direction du tandem lourdement chargé, mais l'apprentissage s'effectue très rapidement. Nous roulons sur des routes tranquilles à travers les collines françaises et profitons de pauses déjeuner prolongées pour déguster le menu du jour. Nous nous arrêtons occasionnellement pour apprécier le paysage et les villages pittoresques. A la fin de la journée, nous nous posons dans un petit camping pour savourer du pain, du fromage et du vin dans le soleil couchant.

Le matin nous prenons notre temps et donc la distance journalière parcourue n'est pas élevée. Nous sommes en vacances après tout ! Les préparatifs ayant été très courts nous n’avions pas calculé le kilométrage de l’itinéraire. Une fois le calcul fait, nous arrivons à un total de 1900 km : beaucoup trop pour les 19 jours de vacances dont nous disposons.
Nous décidons d’ajuster l’itinéraire en conséquence.

A Conques, nous achetons une bonne carte Michelin des routes de l’Aveyron et du Tarn et calculons-nous même un itinéraire vers Sète car nous voulons absolument voir la mer Méditerranée !

Même avec un itinéraire « maison », on passe toujours par de jolies routes et de jolis villages. Cependant, le guide Michelin n’indique pas toujours les dénivelés des routes. En choisissant d’éviter le centre ville d’Albi, nous prenons une jolie route qui en fait le tour et que nous pensons toute plate… Malheureusement, elle s’avère changer de direction tous les deux kilomètres et ce de manière verticale ! 12% de pente, ça se monte, mais 19% c'est un peu trop sévère !

Juste en dessous d’Albi commence une voie verte (le chemin des droits de l'homme, 44 km). C’est une ancienne voie de chemin de fer aménagée en piste cyclable qui finit à Castres. Après un passage avec un trafic dense mais assez court, la piste continue à travers la Montagne Noire (voie verte du Haute Languedoc, 59 km). Tranquille, magnifique et presque plat !

C’est aussi à deux pas d’un des meilleurs restaurants de France sous les platanes de Riols et de la ville d’Olargues qui vaut le détour.
 

Pendant ce temps, on commence à s’habituer à pédaler connectés, le changement de vitesse avec le moyeu Rohloff, les arrêts et démarrages se font de mieux en mieux. Que ce soit la circulation dans le trafic des villes ou bien une pointe de vitesse à 70 km/h en descente sur une route en lacets neuve, tout devient plus facile. Le tandem chargé nous apparait très stable et très maniable.
 

La roue libre que nous avons montée ne nous convainc pas. Nous trouvons plus confortable de pédaler de manière synchronisée, notamment dans les côtes. Alors, à l'aide d'un collier de serrage solide, nous attachons la manivelle libre au plateau. Durant nos vacances de Mai en Allemagne, nous avions utilisé des pédaliers fixes, synchronisés, pour un voyage de courte durée. Avec le recul, c'est une erreur d'avoir changé pour un système de roue libre juste avant nos vacances d'été, enfin, le collier de serrage marche plutôt bien.
Sur les pistes cyclables françaises, il y a des doubles barrières à tous les carrefours. En soit c’est un gage de sécurité mais cela nous force à ralentir très souvent. Heureusement nous arrivons à manœuvrer entre la plupart des barrières et ce malgré la longueur du tandem.

Au 12e jour du voyage, et après 776 km, nous atteignons la Méditerranée. La plage dorée est presque déserte, la mer et le ciel au dessus de nos têtes sont d’un bleu rayonnant. C’est pour ces moments là que nous voyageons à vélo ! Après avoir barboté quelques heures et mangé du poisson à Sète, nous continuons notre route le long du canal du midi en direction de Bordeaux.
 

Le système de canal, dessiné il y a plus de 400 ans pour permettre aux bateaux de rallier la mer Méditerranée à l’Océan Atlantique, est conçu avec plein d’ingéniosité. Pendant approximativement 500 km (Vélo Route des deux mers), nous passons beaucoup d’écluses, aqueducs et ponts aux formes multiples. Nous croisons aussi beaucoup de cyclistes et des bateaux de croisière. Très vite, on voit la différence entre les cyclistes et les plaisanciers : leur taille ! Il est facile de deviner qui a la plus large…
Il y a beaucoup de choses à voir sur le canal, le choix de restaurants et de campings est remarquable. Quoi demander de plus pour nos vacances ?

Le revêtement de cette piste cyclable n’est pas régulier (la piste devient par endroits cahoteuse avec des ornières de boue séchée), nous progressons donc lentement. Le tandem roule très bien malgré les sentiers, mais après 60 km nous sommes secoués jusqu’au vertige, exactement comme nos collègues cyclistes sur leurs VTT. Heureusement que le paysage est là pour compenser.

Près de Toulouse nous trouvons un magnifique asphalte régulier, qui rend le pédalage beaucoup plus agréable. La route nous amène à travers Toulouse. Une route encombrée et chaude mais facile à suivre (en regardant de temps à autre la direction sur le carnet de route). Sur cette portion de route, il y a une barrière que nous n’avons pas pu franchir avec le tandem, et c’est le seul obstacle du voyage qui ait résisté au Quetzal.
Le Canal et la piste cyclable dans les alentours de Toulouse sont moins touristiques. Le paysage y est parfois ennuyant. Après Moissac, une ville étape sur la route du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, les superbes et anciens ouvrages hydrauliques reviennent dans cette campagne vallonnée au milieu des vignes et des jolis villages.

Après 18 jours de tandem, 1400 km et 7,500 mètres de dénivelés positifs, nous sommes de retour à Créon et retrouvons notre van. Un autre jour d’autoroute et nous voilà à la maison, la tête pleine de souvenirs d’un voyage à vélo exceptionnel ! Distance moyenne parcourue par jour : 75 km, pente la plus élevée : 12 %, vitesse maximum : 68 km/h, distance maximum en un jour : 119 km, dénivelé maximum en un jour : 1021 m (par une température de 35°C !). Et aussi plein de rencontres avec des cyclo-voyageurs, dont 3 sur des vélos couchés.

Conclusion : nous avons adoré ces vacances, mais comme pour tout le monde, il nous a fallu apprendre à mener un tandem. La communication est très importante et il est nécessaire de faire confiance à l’autre entièrement : le stoker doit pouvoir compter sur un pilote conduisant de manière responsable, et le pilote doit pouvoir compter sur un stoker donnant le meilleur de sa puissance. Le plus fort doit partager sa puissance avec le plus faible et être prêt à pédaler pour l’autre. Tout cela parait logique, mais il nous a fallu du temps pour nous y adapter. L’avantage principal est qu’avec un tandem, les deux voyageurs sont toujours tout aussi rapides et fatigués l’un que l’autre en arrivant à une sympathique terrasse de café (avec une bière glacée et un Orangina) !

Pédaler ensemble, déguster de la bonne nourriture et camper sous le soleil : pour nous c’est la combinaison parfaite ! Avec le Quetzal bien sûr !
(Photo Marc Radelet)

Le tandem est à louer pour un ou plusieurs jours à Nazca Ligfietsen à Nijeveen (NL), Laidback Ligfiets à Edimbourg (GB), Atoocycles à La Chaux de Gilley (FR).

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